Drone sous marin Razorback : première mondiale testée par un SNA français

Le Razorback est un drone sous-marin militaire américain déployé pour la première fois en plongée par un SNA français.

  • Essais menés du 16 au 20 mars, annonce le 31 mars.
  • Déploiement depuis un SNA de la classe Suffren, au large de Toulon.
  • Version militaire du Remus 620, fabriquée par HII.
  • Missions de reconnaissance, détection de mines et relevés océanographiques.
  • Coopération franco-américaine jugée efficace par le ministère.
  • Achat américain envisagé si les essais sont concluants.

Test du drone Razorback par un SNA français : la première mondiale

Le déroulé des essais au large de Toulon (16 au 20 mars)

  • Période des essais : du 16 au 20 mars
  • Annonce officielle : le 31 mars
  • Durée des tests : cinq jours
  • Manœuvres clés : sorties et récupérations du drone
  • Zone d’essai : large de Toulon, dans le Var (83)

Ces cinq jours de tests ont mobilisé un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de la classe Suffren. Le drone a été mis en œuvre depuis le bâtiment en plongée, une configuration qui distingue nettement cet essai des expérimentations classiques menées en surface.

Une première mondiale rendue publique par le ministère

C’est une première mondiale : jamais un drone sous-marin américain n’avait été déployé depuis un SNA français en plongée. Le ministère des Armées a rendu l’information publique le 31 mars, quelques jours après la fin des manœuvres. La communication officielle souligne une coopération franco-américaine jugée « efficace » dans un domaine sensible.

L’enjeu dépasse la simple démonstration technique. L’objectif affiché est d’envisager un emploi opérationnel de ce type de drone, et de valider l’interopérabilité entre la Marine nationale et l’US Navy. Les sorties et récupérations du drone se sont déroulées sans sortie d’eau du sous-marin, une contrainte majeure pour la discrétion du bâtiment.

Le Razorback, version militaire du Remus 620

drone sous marin razorback

Le Razorback n’est pas un drone conçu spécialement pour la France. Il s’agit de la version militaire du Remus 620, un drone sous-marin civil américain fabriqué par la société HII (Huntington Ingalls Industries). L’US Navy l’utilise pour des missions de reconnaissance, de détection de mines et de relevés océanographiques.

C’est donc un drone de nationalité américaine, prêté par les États-Unis à la France à la demande de la Marine nationale. Ce prêt s’inscrit dans une logique d’expérimentation avant tout achat éventuel. Paris n’a d’ailleurs pas écarté l’hypothèse d’un achat américain si les essais s’avèrent concluants.

Lors des essais menés au large de Toulon (Var, département 83), le drone a aussi réalisé des mesures océanographiques. Ce volet confirme la polyvalence de l’appareil, capable de servir des missions militaires comme scientifiques selon la charge utile embarquée.

Des essais menés au large de Toulon

La campagne s’est déroulée du 16 au 20 mars, soit cinq jours d’essais enchaînés au large de Toulon, dans le département du Var (83). Elle a mobilisé un SNA de la classe Suffren, le navire le plus récent de la flotte d’attaque française.

La revue officielle Défense nationale a qualifié la coopération d’efficace dans un domaine sensible. Le sous-marin est resté en plongée pendant les sorties et les récupérations du drone, sans avoir à faire surface.

Les essais ont été réussis de bout en bout. Cette discrétion constitue l’un des points clés de la validation : un drone lancé et récupéré en immersion ne trahit pas la position du bâtiment.

Déploiement depuis le Dry Deck Shelter

Le Razorback n’a pas été mis à l’eau depuis un simple pont de navire. Il a été déployé depuis un Dry Deck Shelter, une installation qui change complètement la façon dont un sous-marin peut faire travailler un drone sous-marin. Ce hangar de pont amovible se fixe sur le pont du sous-marin, à l’extérieur de la coque épaisse, et permet de stocker et de mettre en œuvre des engins sous-marins sans avoir à les manipuler depuis la surface.

Sur un SNA de la classe Suffren, le DDS prend place derrière le massif, la partie du sous-marin qui abrite les mâts et l’accès au pont. Cette position est stratégique : elle offre un espace dédié au drone tout en restant protégée des remous de la navigation. Le hangar reste mouillé, c’est-à-dire rempli d’eau une fois le sous-marin en plongée, mais il peut être mis en surpression ou isolé selon les phases de la mission.

D’après la revue Défense nationale, le déploiement du drone a été confirmé avec succès du début à la fin. La récupération s’est faite sans que le sous-marin n’ait à sortir d’eau, ce qui constitue le point clé de l’opération : le SNA est resté en plongée pendant toute la séquence, du lancement jusqu’au retour du Razorback à bord.

  • Hangar de pont amovible : se fixe à l’extérieur de la coque épaisse du sous-marin
  • Placé derrière le massif : zone d’accueil protégée des remous
  • Sur SNA classe Suffren : le sous-marin français retenu pour les essais
  • Déploiement confirmé avec succès : lancement et mise en œuvre du drone validés
  • Récupération sans sortie d’eau : le SNA reste en plongée tout au long de la séquence

Concrètement, cette méthode permet au sous-marin de rester discret tout en utilisant un drone capable d’aller observer, mesurer ou transmettre des données à distance. Le DDS joue ici le rôle d’une base avancée immergée, discrète et mobile, qui prolonge la portée opérationnelle du SNA sans le contraindre à remonter en surface.

Coopération franco-américaine et perspectives industrielles

Le Razorback n’a pas été acheté par la France : il a été prêté par l’US Navy à la demande de la Marine nationale. Cette mise à disposition traduit une coopération jugée efficace dans un domaine particulièrement sensible, celui des opérations sous-marines.

Les essais ont surtout permis de démontrer une interopérabilité concrète entre un SNA français et un drone sous-marin américain. Ce type de validation ouvre la voie à des usages combinés entre alliés, sans dépendre d’un seul programme national.

Fort de ce résultat, la France n’écarte pas un achat américain de drones Razorback, même si aucune décision ferme n’est annoncée. Cette option reste ouverte, en parallèle des futurs développement européens.

FAQ

Le Razorback et le Remus 620 sont ils identiques

Non, le Razorback est la version militaire du Remus 620, conçu par HII. Il partage la base civile mais reçoit des capteurs, une charge utile et une discrétion adaptés aux missions navales.

Quelles mesures océanographiques ont été réalisées lors des essais

Les essais ont permis de relever température, salinité et profondeur, utiles à la connaissance des fonds marins. Ces données servent aussi à valider la navigation du drone en conditions réelles.