Incident drone français-Russie : l’interception agressive d’un Su-35 en Méditerranée
Un Su-35 russe armé a intercepté un drone français Reaper le dimanche 2 mars.
- L’interception a eu lieu en Méditerranée orientale.
- Le Su-35 a réalisé des approches rapprochées répétées.
- Ces manœuvres ont fait courir un risque réel de perte de contrôle du Reaper.
- Sébastien Lecornu a qualifié l’action d' »intentionnelle, non-professionnelle et agressive ».
- L’objectif russe était de « restreindre la libre circulation aérienne ».
Que s’est-il passé ? Le récit détaillé de l’incident
- Date : dimanche 2 mars
- Lieu : mer Méditerranée orientale
- Appareil russe : Soukhoï Su-35 armé
- Cible : drone français Reaper
- Risque : perte de contrôle du drone
- Manœuvre : approches répétées et rapprochées
Le dimanche 2 mars, un chasseur russe Su-35 a intercepté un drone français Reaper en mission de surveillance au-dessus de la mer Méditerranée orientale. Selon le ministère des Armées, l’appareil russe, armé, a effectué des approches à plusieurs reprises, s’approchant dangereusement du drone.
Ces manœuvres rapprochées ont fait courir un risque réel de perte de contrôle du drone français. Le pilote russe a volontairement réduit la distance de sécurité jusqu’à un point critique, forçant l’équipage au sol à réagir en urgence pour maintenir l’appareil en vol.
L’incident s’est déroulé dans un espace aérien international, où la France menait une opération de recueil de renseignements légitime. Une zone pourtant commune aux appareils militaires des deux nations, où les règles de sécurité aérienne sont censées prévaloir.
Les images diffusées par TF1 montrent le Su-35 russe évoluant à proximité immédiate du Reaper, dans une manœuvre jugée particulièrement risquée par les observateurs militaires.
Réactions officielles : Lecornu dénonce l’action russe

Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a fermement condamné cette manœuvre, la qualifiant d’« action intentionnelle, non-professionnelle et agressive ». Selon lui, ce comportement, qui a failli provoquer la « perte de contrôle du drone », « n’est pas acceptable » sur le plan international.
Pour le gouvernement français, l’objectif de Moscou est clair : « restreindre la libre circulation aérienne » dans une zone pourtant internationale. Cette dénonciation officielle marque une escalade verbale, alors que les interceptions d’appareils russes par l’Otan se produisent déjà 2 à 3 fois par semaine dans le ciel des pays baltes, une situation qui a conduit l’Alliance à renforcer sa posture face à la réponse de l’OTAN.
« Action agressive » et provocation : la qualification de l’incident
La double qualification du ministre des Armées
Face à cette interception jugée particulièrement dangereuse, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a utilisé une formule forte pour qualifier la manœuvre du pilote russe. Il a évoqué une « action intentionnelle, non-professionnelle et agressive », tout en précisant que ce comportement « n’est pas acceptable » entre militaires évoluant dans des espaces aériens internationaux.
Selon lui, l’objectif de cette démonstration de force était clair : « restreindre la libre circulation aérienne » dans une zone pourtant ouverte à tous les appareils. Le ministre a également souligné que cette opération aurait pu avoir des conséquences dramatiques, la proximité extrême du Su-35 russe ayant fait peser un risque immédiat de perte de contrôle du drone Reaper.
- « Action agressive » le qualificatif principal utilisé par Lecornu
- « Non-professionnelle » une manœuvre non conforme aux usages
- « N’est pas acceptable » la position officielle de la France
- « Restreindre la libre circulation » l’objectif identifié de Moscou
L’analyse des experts militaires
Au-delà de la condamnation politique, plusieurs spécialistes militaires ont livré leur lecture de cet incident. Selon eux, cette manœuvre du pilote russe s’apparente à « un message pour tester la volonté de l’adversaire ». Le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission française à l’ONU, y voit une démarche délibérée visant à provoquer la France et ses alliés.
Autre enseignement souligné par les observateurs : le pilote russe « savait très bien qu’on le verrait ». L’objectif n’était pas de dissimuler cette action, mais bien de la rendre visible et de tester la réaction française. Cette interprétation confirme que ces interceptions, qui se produisent 2 à 3 fois par semaine dans le ciel des pays baltes, s’inscrivent dans une stratégie d’intimidation plus large de la part de la Russie à l’égard des forces de l’OTAN.
Les appareils impliqués : le drone Reaper français et le Su-35 russe
Au cœur de cet incident en Méditerranée orientale, deux appareils aux profils radicalement différents se sont trouvés face à face. D’un côté, un drone MQ-9 Reaper français, engin de surveillance sans pilote à bord ; de l’autre, un chasseur Soukhoï Su-35 russe, piloté et lourdement armé. La rencontre entre ces deux machines illustre parfaitement l’escalade de tension entre la Russie et l’OTAN.
Le drone Reaper français et ses missions
Le MQ-9 Reaper est un drone de l’armée de l’Air et de l’Espace française, utilisé principalement pour des missions de reconnaissance, de surveillance et de collecte de renseignements. Volant à des altitudes élevées, il est capable de rester en l’air pendant plus de 24 heures. Dans cette zone, il est déployé pour surveiller les mouvements et assurer une veille militaire, une mission de routine qui ne nécessite aucun armement, une vigilance d’autant plus cruciale que des bases militaires françaises ont récemment été survolées par des drones.
Le chasseur Soukhoï Su-35 russe
En face, le Su-35 est un chasseur de supériorité aérienne de dernière génération. Cet avion de chasse russe est un appareil conçu pour le combat, et il était armé lors de l’incident. Sa manœuvre d’approche dangereuse et répétée, visant un drone sans défense, est considérée par les experts comme une provocation délibérée. L’objectif n’était pas d’abattre l’appareil, mais de tester la réaction française et d’envoyer un signal fort dans un espace aérien international pourtant « commun ».
Contexte géopolitique : tensions Russie-OTAN en Méditerranée orientale
Cet affrontement aérien s’inscrit dans un climat de tensions croissantes entre la Russie et l’OTAN. D’ordinaire, ces interceptions ont lieu dans le ciel des pays baltes, où les chasseurs russes sont interceptés 2 à 3 fois par semaine par les forces de l’Alliance.
La Méditerranée orientale constitue toutefois une zone d’incidents plus inhabituelle. Cette manœuvre intervient alors que la guerre en Ukraine entre dans sa 5ᵉ année, renforçant les comportements de provocation russe. L’objectif de Moscou serait de tester la réaction des forces occidentales.
Selon des observateurs, ces actions s’apparentent à une escalade délibérée. Malgré les dénonciations et la désignation d’un « état de guerre avec la Russie poutinienne » par certains responsables, l’OTAN maintient une posture défensive. La libre circulation dans les espaces aériens internationaux demeure un enjeu stratégique majeur.
Vidéos et images : les preuves de l’incident diffusées
Les images de l’interception ont été rendues publiques par la chaîne TF1, qui a diffusé des séquences exclusives lors de son 20H. Ces vidéos, tournées depuis le drone français, montrent clairement les passages répétés du chasseur russe autour de l’appareil sans pilote.
- Diffusion TF1 : vidéo exclusive des manœuvres russes
- Contenu des images : passages du Su-35 à proximité immédiate du Reaper
- Publication médias : TF1 et LCI, les 4 et 5 mars
- Trois vidéos postées : en l’espace de 24 heures
- Le 20H de TF1 : a consacré un reportage aux faits
Ce que montrent les vidéos
Les séquences diffusées par LCI permettent de visualiser la trajectoire du Soukhoï Su-35, qui s’approche à plusieurs reprises du drone Reaper français. Sur les images, on distingue nettement le chasseur russe, armé, évoluant dangereusement près des ailes du drone.
La qualité des enregistrements, notamment la stabilité des plans, confirme que le pilote russe a volontairement rendu ses manœuvres visibles. Cette mise en scène renforce l’analyse des experts : le pilote « savait très bien qu’on le verrait », comme le souligne le général Dominique Trinquand. Les trois vidéos postées en 24 heures ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux et des médias internationaux, devenant une preuve tangible de l’« action agressive » dénoncée par le ministre des Armées.
Historique : les provocations russes récurrentes contre la France
Cet incident en Méditerranée n’est malheureusement pas un cas isolé. Le 17 janvier, un avion français avait déjà été la cible d’une manœuvre similaire en mer Baltique, une zone où les interceptions d’appareils russes par l’Otan se produisent 2 à 3 fois par semaine. Cette fréquence élevée témoigne d’une stratégie d’intimidation assumée par Moscou.
Selon l’analyse de LCI, on assiste à une intensification de ces intimidations contre les forces militaires françaises. Pour le général Dominique Trinquand, ces actions répétées ont un objectif clair : « provoquer » et « tester la volonté de l’adversaire ». Le pilote russe, qui se savait observé et filmé, cherche avant tout à envoyer un message politique fort.
Ces provocations traduisent une escalade progressive dans le ciel, visant à défier la France et l’Alliance atlantique. La Marine nationale a d’ailleurs signalé des incidents à répétition, renforçant l’idée d’une pression constante exercée aux abords de l’espace aérien européen.
