Des drones survolent la base de Creil, site du renseignement militaire

Oui, les militaires ont tiré sur les drones à la base de Creil.

  • Tirs de calibre 12 à armes à canon lisse.
  • Riposte contre des cibles volant à faible portée.
  • Six drones ont survolé le PICS le 26 novembre.
  • Un hélicoptère antidrones a été dépêché trop tard.
  • Aucune dégradation du site, confirmé par l’armée de l’Air.

Des drones repérés au-dessus de la base de Creil le 26 novembre

L’incident a été rendu public par l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE), qui a confirmé le survol non autorisé du Pôle Interarmées Creil-Senlis (PICS), situé dans l’Oise. Les faits se sont déroulés le 26 novembre et ont immédiatement déclenché une réponse des unités de protection sur place.

  • Six drones signalés simultanément dans le ciel de la base
  • Survol du PICS, pôle interarmées situé dans l’Oise
  • Incident daté du 26 novembre, confirmé par l’armée de l’Air
  • Annonce par l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE)
  • Aucune dégradation constatée sur le site

Selon les premières informations, les drones ont été repérés en groupe, ce qui écarte l’hypothèse d’un simple vol de loisir égaré. Le survol simultané de six appareils sur une zone militaire classée sensible suggère une opération coordonnée. Les équipes au sol ont immédiatement appliqué les procédures de sécurité prévues pour ce type d’intrusion.

Bien que l’incident n’ait causé aucun dégât matériel ni interrompu les missions en cours, la présence de ces aéronefs sans identification au-dessus d’un site du renseignement militaire constitue une violation sérieuse de l’espace aérien. L’armée de l’Air a précisé que les autorités compétentes ont été saisies pour faire la lumière sur cette intrusion, alors que le PICS demeure un maillon essentiel du dispositif de défense français.

Des tirs militaires pour répondre aux drones

tirs drones base militaire creil

Face à cette intrusion, les militaires chargés de la protection du Pôle Interarmées Creil-Senlis ont ouvert le feu. Des tirs de calibre 12 ont été effectués à l’aide d’armes à canon lisse, une riposte adaptée à des cibles volant à faible portée. Un hélicoptère antidrones a également été dépêché sur place, mais les six appareils ont disparu avant son arrivée, un moyen parmi d’autres des systèmes anti-drone. Cette réponse rapide, confirmée par une source sécuritaire à l’AFP, démontre la vigilance des équipes au sol. Les tirs visaient à dissuader et à neutraliser la menace sans causer de dégâts collatéraux. L’incident n’a d’ailleurs provoqué aucune dégradation sur le site, qui reste pleinement opérationnel, mais il souligne la détermination de l’armée à protéger ses installations les plus sensibles.

La base de Creil, un site stratégique du renseignement militaire

La DRM, cœur du renseignement militaire à Creil

Le Pôle Interarmées Creil-Senlis (PICS) ne se limite pas à une simple plateforme aérienne historique. Il abrite aujourd’hui des installations de la Direction du renseignement militaire (DRM), l’organisme chargé de collecter et d’analyser les informations stratégiques pour les armées françaises. Cette présence explique le niveau de protection renforcé dont bénéficie le site.

La DRM s’appuie sur des moyens techniques de pointe (écoutes, imagerie satellite, renseignement numérique) pour éclairer les décisions du chef d’état-major des armées. Une intrusion dans cet espace, même par un simple drone, est donc considérée comme une menace potentielle pour la sécurité nationale. L’incident du 26 novembre a ainsi mobilisé une réponse militaire immédiate et proportionnée.

Un site classé particulièrement sensible

Ancienne base aérienne de l’armée de l’Air, la plateforme de Creil a été reconvertie et reste pleinement opérationnelle. Son classement en site particulièrement sensible implique des mesures de sécurité drastiques : périmètres protégés, contrôles d’accès stricts et surveillance permanente.

  • Ancienne base aérienne : héritage historique de l’armée de l’Air
  • Désormais dédiée au renseignement : mission principale de la DRM
  • Classée particulièrement sensible : protection prioritaire de l’État
  • Installations pleinement opérationnelles : activité continue malgré l’incident

Si le survol n’a causé aucune dégradation ni perturbation des missions, il a néanmoins révélé la vulnérabilité potentielle d’un site clé. Les tirs de semonce au calibre 12 effectués par les militaires de la protection du PICS ont permis de dissuader les intrus sans faire de blessé, mais l’incident reste pris très au sérieux par la chaîne de commandement.

Un nouveau survol après l’incident de l’Île Longue

L’incident de Creil constitue le deuxième site sensible survolé en quelques semaines. Le 4 décembre, des drones avaient déjà été repérés au-dessus de l’Île Longue, dans le Finistère, où sont basés les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de la dissuasion française.

Cette multiplication de survols non autorisés interroge sur leur origine et leur caractère coordonné. Face à ces intrusions, l’armée française a réagi fermement, et une enquête a été ouverte par les autorités compétentes.

À l’inverse, certains survols de drones sont organisés à des fins de divertissement, comme lors des, à l’image des spectacles de drones de la grande motte 2024 spectacles pyrotechniques du Nouvel An.

Enquête ouverte et plainte déposée par l’armée

À la suite de ce survol, l’armée de l’Air et de l’Espace a officiellement déposé une plainte. Une enquête judiciaire a été ouverte pour identifier les responsables et comprendre comment six drones ont pu s’approcher d’un site aussi sensible sans être détectés plus tôt.

Les premiers éléments indiquent qu’aucune dégradation matérielle ni perturbation des missions n’a été constatée sur la base. L’AAE reste toutefois prudente, estimant qu’établir un lien direct avec des provocations étrangères serait prématuré à ce stade de l’investigation.

L’hypothèse d’une action étrangère et de la guerre hybride

Face à cette multiplication de survols sur des sites sensibles, des responsables politiques pointent ouvertement la Russie. Ces incursions sont qualifiées d’actes de « guerre hybride », une stratégie visant à tester les défenses et à déstabiliser sans déclencher de conflit ouvert.

L’armée de l’Air et de l’Espace reste toutefois prudente et juge tout lien avec des provocations étrangères « prématuré ». Aucun élément ne permet, pour l’instant, d’attribuer formellement ces vols de drones à une puissance étatique, même si le contexte de survols multiples de sites critiques renforce les soupçons.